



Avec l'affaiblissement de Fidel Castro, la possibilité d'un changement de régime, l'intérêt porté à Cuba a été décuplé dans le monde. Sans doute la disparition de Castro, le plus ancien chef d'État du monde (n'a-t-il pas pris le pouvoir alors qu'Eisenhower était président desÉtats-Unis ?), serait en soi une nouvelle importante.
Mais au-delà de Castro, des images de révolution joyeuse, d'expéditions lointaines pour étendre les rivages de la révolution, de la Bolivie à l'Éthiopie, que va-t-on perdre? C'est la grande question. Oui: que va-t-on perdre ? Une île rouge, une sorte d'Albanie caraïbe, un pouvoir personnel absolu et un demi-siècle à tenir tête aux U.S.A. ! Mais, il faut se réjouir de la fin d'une tyrannie!
Le soleil se couche maintenant sur La Havane de Castro!
Coucher de soleil sur La Havane.
La Cuba de Castro 1959-2007.
Pierre Rigoulot.
Editions Flammarion
504 pages
23 euros.
ISBN : 978-2-0806-8407-3
Pierre Rigoulot est né en 1944. Il est historien et dirige l'Institut
d'histoire sociale, un centre de recherches sur l'histoire du communisme,
du socialisme et du syndicalisme. Il a surtout publié des ouvrages sur le
monde communiste et le phénomène concentrationnaire de « Des Français au
goulag »au «Siècle des camps» (avec Joël Kolek). Et a collaboré au «Livre noir du communisme».

Castro est lié à
tout un pan de l'histoire de XX siècle, presque étrange par sa mythologie,
ses enjeux et ses conflits : Castro, c'est le monde de la guérilla, celui
des luttes révolutionnaires dans le Tiers-Monde, du soutien que des
intellectuels comme Sartre, Norman Mailer ou Octavio Paz lui apportaient;
c'est le monde bipolaire des deux superpuissances, les États-Unis et
l'URSS. Puis c'est la chute du Mur de Berlin, l'isolement de l'île et les
difficultés accrues pour le peuple cubain.
